Samedi 16 février, la deuxième édition de l’Open Bidouille Camp aura lieu au FacLab de Genneviliers.

Affiche Open Bidouille Camp

Wiithaa sera présent et proposera un atelier pour réaliser une table modulaire. En attendant, on a posé 4 questions à Sabine Blanc, une des grandes journalistes de la regrettée soucoupe, qui est la présidente de l’association Open Bidouille.

Est-ce que tu peux nous décrire ton parcours et finalement comment tu en es venue à la bidouille / l’upycling ?

À la base, je suis plutôt une caricature : deux masters (littérature et journalisme), mais pas fichue de me servir d’une perceuse ou de comprendre comment fonctionne une pile électrique. J’ai commencé à suivre les thèmes du hacking et du DIY à Owni voilà un peu plus de deux ans. Les enjeux politiques, au sens premier du terme, sont si forts que j’y ai vite consacré une bonne partie de mon temps, jusqu’à faire un ebook dessus avec mon ex-collègue photoreporter Ophelia Noor.

À un moment donné, à force d’écrire, j’ai fini par avoir envie de passer de l’autre côté du miroir, pour passer à la pratique. Owni a donc co-organisé le premier Open Bidouille Camp le 22 septembre dernier à Mains d’Oeuvres à Saint-Ouen.

Y-a-t-il des personnes qui t’inspirent dans le domaine ? Si oui, lesquels et pourquoi ?

Je suis une grande fan de Mitch Altman, un hacker américain qui a parcours le monde six mois par an pour apprendre aux gens à souder et les inciter à avoir confiance en leurs capacités créatrices. Il a aussi inventé la TV-B-Gone, une télécommande universelle avec un seul bouton, pour éteindre la télévision. Il a plaqué une vie assez facile mais qui ne le satisfaisait pas pour vivre en accord avec lui-même, après une période longue de dépression. Et maintenant, il dégage une sérénité incroyable.
Après, les pratiques actuelles, en réseau, ont tendance il me semble à faire disparaitre les individus au profit des communautés qui portent des projets.

Quelles sont les meilleures initiatives dans le domaine (celle que tu suis attentivement) ?

La façon dont Detroit essaye de renaitre sur les ruines de son prestigieux passé industriel est extrêmement intéressante. Un web doc est en cours à ça sujet. Je suis aussi avec attention Gemsi, une association fondée par Bilal Ghalib, un Américain d’origine irakienne qui aide la création de hackerspaces/makerspaces dans les pays en développement. Grâce à des fonds levés sur Kickstarter, il a ainsi pu se rendre en Irak.
Même s’il n’est pas certain que ce soit la révolution qu’on annonce, l’équivalent de ce que fut le PC au XXème siècle, je regarde de près ce qui se passe autour de l’impression 3D grand public.
De même, les fab labs, notre ministre du Numérique Fleur Pellerin a annoncé qu’elle en voulait partout (sic). On devrait en entendre beaucoup parler cette année, et il faudra regarder attentivement dans quelle mesure ce concept avec des valeurs de partage, d’éducation et d’ouverture fortes ne va pas faire l’objet d’un détournement sémantique avec des fab labs auto-proclamés qui vont pousser dans tous les sens.

Quels sont tes projets à moyen et long terme avec l’association Open Bidouille Camp ?

Nous voulons consolider par des événements réguliers l’élan initial. En Île-de-France, nous visons 4 OBC par an, et autant que les gens le souhaitent en province, puisque l’organisation est décentralisée. Ce qui nécessite des fonds un peu plus conséquents que les bénéfices sur la vente des sandwiches. Nous allons donc ouvrir les adhésions, faire une collecte pour nous soutenir la première année, en attendant des subventions. Et bien sûr toujours des sponsors, à partir du moment où ils respectent la charte.

Un grand merci à Sabine pour le temps qu’elle nous a accordé et à samedi prochain pour le 2ème OBC.

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