Économie circulaire : quelles solutions pour les entreprises ?

Tribune initialement publiée dans le magazine de l’économie positive Socialter.

“Va prendre tes leçons dans la nature, c’est là qu’est notre futur.”

Avec plus de 3,4 milliards de tonnes de déchets produits par an il est devenu indispensable de changer notre manière de faire; il ne s’agit plus de moins produire et moins consommer mais de mieux le faire.

La COP 21, les chiffres alarmants de la consommation en ressources naturelles (+ 65% depuis 1980), et l’apparition de nouveaux marchés ont accéléré cette prise de conscience et la course au développement durable de la part des entreprises. Les salariés sont de plus en plus nombreux à chercher la meilleure manière de réduire leur impact sur l’environnement.
Néanmoins, la pensée imposée par la traditionnelle valeur actionnariale est binaire et court-termiste. Il faut aller plus loin que le seul «écologique», qui suppose une action verticale réduisant l’action ciblée à un problème local et ponctuel. Il est essentiel de prendre en compte l’ensemble de l’écosytème dans la prise de décision : l’économie circulaire est la solution pour concilier économie et environnement.

Le problème est que les entreprises ont basées leurs stratégies sur 2 siècles d’un modèle linéaire, avec la logique court-termiste maintenant connue : extraire-fabriquer-jeter. Cette logique a montré ses limites mais elle reste ancrée dans les structures qui ont du mal à s’en détacher.

Inscrire son entreprise dans le schéma de boucle vertueuse proposée par l’économie circulaire nécessite de prendre le problème à la source, et non de multiplier des actions « vertes » sans les inclure à la stratégie globale. L’économie circulaire est créatrice d’emploi, de revenus et d’innovations. Il faut optimiser les flux et intégrer à la création de valeur l’environnement et la société. Il s’agit de penser tout l’écosystème pour créer de nouvelles sources de revenus, de penser global pour agir local.
Si les entreprises avaient toujours intégré à leur démarche de modélisation une approche systémique de long terme, l’urgence actuelle aurait probablement été autre.

La solution de rupture pour concilier économie et environnement est de repenser son business model.

Repenser son business model est un grand saut dans le vide pour les organisations. Bien que le défi semble plus difficile pour les grandes structures qui se confrontent à des conflits d’intérêts et des process de décisions lourds, il n’est pas moindre pour les petites, aux moyens moins importants.
Mais l’espoir n’est pas vain car les succès story sont bien réelles; le film DEMAIN citait la PME Pocheco, alors que Armor, entreprise spécialiste des consommables d’impression, lançait OWA, une offre de cartouches dites remanufacturées. Deux exemples d’entreprises françaises qui ont intégré à leur création de valeur les principes de ce paradigme pour inscrire leurs flux entrants et sortants dans une boucle vertueuse.

Wiithaa, agence de design, a saisit l’ampleur de ce «challenge» en intégrant à son offre de design les piliers et fondement de l’économie circulaire pour permettre aux entreprises de créer des business models vertueux. Sa méthodologie ? Le design thinking et le biomimétisme. Le premier propose de stimuler la créativité et la coopération pour penser global et agir en continue. Le second s’inspire des 3,8 milliards d’années de R&D de la Nature pour innover.

Brieuc Saffré, cofondateur de l’agence Wiithaa et Speaker au FLUPA UX-Days 2016, nous parle de l’éco-conception des business models et des opportunités de l’économie circulaire pour les entreprises.

Comme le disait L. de Vinci « Va prendre tes leçons dans la nature, c’est là qu’est notre futur ». Pour alimenter la créativité et générer des idées, les entreprises peuvent s’inspirer des innovations surprenantes de la Nature : car oui, la nature est une merveilleuse source d’inspiration.

Les biomimicards, par exemple, est un jeu de cartes et de plateau conçu par Wiithaa pour sensibiliser les petits et grands au biomimétisme. Pour les accompagner dans leur démarche de transformation ou d’inspiration, ce jeu, qui les invite à la créativité, peut-être utile.

Pour aller plus loin dans le changement et répondre aux problématiques internes à leur organisation de manière adaptée, le serious game (anglicisme pour faire écho aux dynamique de jeu appliqué à un contexte professionnel) peut être un bon outil stratégique. Pour cela nous avons développé et partagé en Creative Commons une méthodologie et une série d’outils dédié à l’économie circulaire : Circulab.
En repartant de la raison d’être de l’entreprise, et en favorisant l’action directe, grâce à ces outils clairs et à une méthodologie ludique et collaborative, les équipes comprennent l’interdépendance des flux et leurs impacts et co-génèrent des produits et services novateurs et vertueux. Il est ainsi plus facile d’améliorer l’existant pour en tirer des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux. Cela suppose un travail prospectif, alliant coopération et créativité. C’est également le principe du design circulaire : anticiper dès la phase de conception des produits les impacts sur les écosystèmes naturels, pour garantir leurs pérennité et leur valeur.

Vous êtes entrepreneur en phase de création ? Et si vous envisagiez d’ores et déjà une croissance durable, en modélisant votre activité à travers le Circulab board ? Vous êtes dirigeant ou chef d’entreprise ? Et si vous formiez vos équipes aux opportunités de l’économie circulaire ? Et si vous optimisiez vos flux d’approvisionnements avec une démarche systémique ?

Il n’est pas trop tard pour devenir un catalyseur de cette nouvelle économie; activez l’économie circulaire.

 

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