Design Circulaire

Ford dans un champs à la campagne
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Design circulaire, de quoi parlons-nous ? 2

Depuis plusieurs années, la gestion et la valorisation des déchets et l’essor de l’économie circulaire apparaissent comme des sujets fondamentaux de société. Néanmoins, la question de la conception, voire même du design circulaire, est moins évoquée. Pourtant elle s’avère être essentielle pour pouvoir réussir la transition économique, sociale et environnementale dont la plupart des sociétés ont besoin aujourd’hui.

“Le design est devenu un outil du consumérisme”

C’est par ce constat que Tim Brown, le co-fondateur de la célèbre agence californienne IDEO avait commencé son TED talk en 2009. En tant que discipline, le design industriel a une histoire relativement courte initiée vers la fin du 19ème siècle notamment en Europe. Le courant prôné par le Bauhaus, école allemande de design entre autre, met bien en valeur cette notion d’utilité, “la forme suit la fonction”. L’idée était alors d’allier l’esthétique, l’utile et la technique; c’étaient les grands débuts de la conception industrielle. Au fur et à mesure, particulièrement pendant les années 2000, le design a été utilisé principalement pour ramener de l’esthétique voire créer des tendances mettant alors de côte l’utilité sociétale de ce qui était conçu pour la société et les individus. La conception globale du produit a souvent été mise de côté. Contrairement à la Belle Époque, où la notion de progrès de l’humanité était un objectif affiché du concepteur, le designer industriel d’aujourd’hui a une dimension politique ou sociétale moins poussée, plus contrainte par des objectifs de ventes toujours plus élevés.

La pression des ventes a forcé le concepteur à privilégier l’esthétique et l’utilisateur sans pousser plus loin ses observations et l’impact de ses choix de conception. Bien sûr, la conception de nombreux produits a été réalisée sans designer, je ne les blâme pas particulièrement, mais les faits sont là; quand c’est le cas les résultats sont souvent bien pires. En effet, de nombreux objets, packagings, composants ou produits sont gâchés à différentes étapes de vie du produit. Cela n’est pas sans conséquences :
  • D’abord, du point de vue des ressources, on va continuellement extraire de nouvelles ressources alors que la plupart des métaux par exemples ont des espérances d’approvisionnements de plus en plus limitées. C’est un non-sens économique. Ce matérialisme à outrance n’a souvent aucun sens.
  • Ensuite, d’un point de vue sanitaire, les déchets ont là aussi des conséquences : la pollution du plastique dans les océans pollue les écosystèmes marins, on en retrouve dans la plupart des produits de consommation courante et donc a des répercussions multiples sur toute la chaine alimentaire.
  • Enfin, en terme de pollution, la plupart des déchets non-traités vont émettre des pollutions. Le marc de café par exemple va émettre du méthane, un gaz plusieurs dizaine de fois plus nocif que le carbone en termes de gaz à effets de serre, lorsqu’il se décompose au fur et à mesure.

 

Dechet, trou noir de notre système

L’industrie automobile est une bonne illustration de ces répercussions. Si nous prenons l’exemple du design automobile et de la filière qui en dépend, aujourd’hui les voitures vendues par les constructeurs ne peuvent plus être réparées par leur propriétaire, les moteurs sont bien complexes, certains composants sont cachés ou très difficiles d’accès. La cause au modèle économique de l’entreprise qui ne repose plus sur la simple vente de la voiture, qui est achetée par le client quasiment au coût de revient, mais principalement sur les ventes de services après-vente (réparation, entretien). Ainsi, il devient nécessaire pour que l’entreprise soit viable, de designer un produit irréparable par le garagiste du quartier et d’assurer son monopole sur la gestion de vie de la voiture.

Ces décisions stratégiques, que le designer est contraint d’intégrer dans sa conception, ne sont pourtant pas sans impacts. En effet, la Commission Européenne estime que 80% des impacts environnementaux d’un produit dépendent de l’étape de conception (Ecodesign your Future). Que ce soit sur l’extraction de matières premières, la fabrication, la distribution ou encore l’utilisation du produit, les impacts environnementaux des choix pris dès la conception sont multiples. Les méthodes de conception et d’analyses de cycles de vie permettent d’identifier des marges d’améliorations mais rares sont les produits exemplaires à toutes les étapes de vie du produit. D’autant plus que les initiatives éco-conçues ne considèrent pas, pour la plupart, la fin de vie du produit ou/et de ses différents composants (matières, pièces, packaging…). Pourtant, nous jetons 80% des choses que l’on achète dans les 6 mois qui suivent l’achat (donnée issue du livre de Richard Girling, Rubbish!: (Dirt on our hands and crisis ahead). Comment et pourquoi ne pas considérer cette étape – celle de la fin de vie – dès la conception ?
L’exemple des sachets plastiques biodégradables pour les fruits et légumes en vrac est une bonne illustration de la mauvaise considération de l’ensemble des étapes de vie du produit. Car oui, bien que pour minimiser l’impact de la consommation de ces sachets les producteurs aient décidé de les rendre biodégradables, le faible nombre de personnes en ville en mesure de composter leurs biodéchets ne permet pas d’éviter ce flux de déchets et encore moins de rendre ce produit vertueux. Ou encore l’exemple du plateau MacDonald’s où l’ensemble des contenants sont théoriquement recyclables mais ne le sont jamais en réalité pour des raisons technologiques ou économiques.
Une bonne intention ne résout pas le problème automatiquement, il est nécessaire de prendre un peu plus de recul et de voir les connexions et conséquences d’un choix, d’un comportement, sur les autres éléments.
Ford dans un champs à la campagne

Designer pour l’utilisateur… et le système qui l’entoure

Depuis l’essor du design thinking dans les années 2000 avec la création des premières d.school, les trois sphères viabilité économique, faisabilité technique et désirabilité utilisateur se sont révélées être une grille de lecture performante et de plus en plus partagée. On ne compte plus le nombre de startups qui ont été créées avec succès par des designers comme Airbnb, Sunrise, Kickstarter ou Pinterest, de même, pour les entreprises plus établies qui vont également s’appuyer plus largement sur les designers (Schneider Electric, Decathlon…). Concentrés sur les besoins de leurs utilisateurs, les designers vont permettre à leurs organisations de surpasser les attentes. En appliquant un processus continu d’amélioration, leurs produits vont s’améliorer, être de plus en plus recommandés de pair à pair et donc faire partie des plus grands succès de ces dernières années.
Sphère innovation design thinking à circulaire
Malgré tout, la situation environnementale de notre planète est de plus en plus inquiétante, inutile de perdre du temps à redonner les faits ou rapports. On l’a vu, les choix de conception n’y sont pas complètement étrangers, voilà pourquoi le designer a un rôle majeur à jouer. En plus, de se concentrer sur la qualité de l’expérience utilisateur, le designer doit désormais prendre en compte aussi le système qui entoure l’utilisateur. Cela sous-entend : avec quelles matières ? Quelles énergies ? Quels processus de fabrication ? de distribution ? d’utilisation ? et surtout que deviennent tous ces flux une fois le produit ou service et leurs composants hors d’usage ?
C’est là que le design circulaire prend tout son sens. En ajoutant une 4ème sphère, celle de la circularité qui reprend les notions de ressources, d’écosystèmes, de biomimétisme, à la grille de lecture du design thinking, le designer ouvre automatiquement de nouveaux champs d’explorations et de nouvelles opportunités économiques, sociales et environnementales.

“La prochaine révolution du design est le design circulaire”

L’idée du design circulaire est là encore d’apprendre en faisant, d’autant plus que l’ampleur des corrections à concrétiser est énorme. Le processus d’amélioration continue incite à faire moins mal dans un premier temps mais aussi, et rapidement, à régénérer les écosystèmes, à faire mieux. En regardant la grande image, le système dans toute sa complexité, et pas uniquement, le produit ou service final, le designer, le personnage clef du 21ème siècle, selon Dominique Sciamma, prend conscience de ses impacts et de la façon de les éviter ou de les rendre positifs pour l’utilisateur, l’entreprise et l’écosystème. Il prend en compte la configuration du territoire, son climat, les savoir-faire en présence, les ressources déjà disponibles…
Wiithaa a d’ailleurs développé une suite d’outils pour comprendre et synthétiser ce contexte à travers le Circulab. Cette considération de la complexité dans son ensemble permet aussi d’anticiper les enjeux et de s’inscrire dans le temps long et de tirer pleinement partie du design circulaire.
Dès lors que le déchet apparait bien comme une erreur de conception et non comme une fin soi, les flux de ressources sont reconsidérés dans leur ensemble. Tendre et atteindre le zéro gâchis dès la conception permet d’optimiser l’existant, faire plus avec moins de ressources comme le recommande l’innovation frugale ou l’illustre le Low Tech Lab. Faire plus avec ce qui nous entoure de façon à aussi à viser la résilience des territoires et de l’organisation en multipliant les coopérations locales et les boucles de flux. En impliquant les parties prenantes locales, le designer permet aussi de transformer l’utilisateur de simple consommateur à véritable acteur, conscient de la portée de ses choix.
Même s’il ne va pas jusque là, Tim Brown, pour le lancement du Circular Design Guide, affirme bien volontiers que la prochaine révolution du design sera le design circulaire.

Les différents principes du design circulaire

Même s’il s’avère être une pratique relativement récente, très peu voire pas évoquée du tout dans les écoles de design françaises actuellement, on peut d’ores et déjà dégager plusieurs principes du design circulaire :
Chaussures pour enfants réalisées avec des chutes de cuir. > la priorisation de l’utilisation de ressources locales et/ou abondantes, afin de minimiser la consommation d’énergies pour l’extraction, l’approvisionnement et la fabrication et de réduire le gâchis actuel. Le designer doit donc observer et faire avec les ressources à disposition, d’autant plus si elles ont une considération faible à ce jour.
C’est l’exemple de Shoey Shoes, lancé par un étudiant du Royal College of Art, une marque de chaussures en cuir pour enfants exclusivement avec des chutes de production. Au niveau industriel, l’exemple de Circouleur en France qui valorise les pots de peinture non-terminés est également une bonne illustration.
> l’optimisation des ressources et de l’énergie peut se faire sous différentes formes. Une voiture par exemple est inutilisée en moyenne 96% du temps, on imagine assez difficilement le gâchis provoqué par un modèle basé sur la propriété du bien mais il est bien réel et inutile. En passant à un modèle basé sur l’accès quand l’utilisateur en a besoin, le design circulaire permet d’augmenter l’utilisation de ce bien et surtout de diminuer la quantité d’un même produit en circulation. C’est exactement ce que sont en train de mettre en place plusieurs constructeurs automobiles avec la Mairie de Paris pour remplacer les Autolib. L’optimisation de ressources peut aussi se faire en fin de vie du produit lorsque l’entreprise anticipe cette étape. C’est ce que fait Mud Jeans aux Pays-Bas en louant des jeans au mois. Cela permet de réintégrer cette matière première plutôt que d’en extraire de nouvelles. Les processus de logistique inversée peuvent également être considérés pour optimiser les flux de transport. L’exemple de la Poste avec son service Recygo illustre bien cette optimisation et recréation de valeurs économiques, sociales et environnementales. Enfin, l’exemple d’Adopte un bureau illustre parfaitement ce principe en rendant du matériel de bureaux professionnels solides, durables et haut de gamme plus accessibles que des produits bas de gamme.

> la durabilité, la réparabilité ou la réutilisation du produit. Le phénomène d’obsolescence programmée est condamnée depuis plusieurs années déjà par de nombreuses ONG. Néanmoins, il est souvent considéré comme un pilier de la plupart des business models des entreprises dominantes aujourd’hui. On l’a vu plus tôt avec le secteur automobile mais l’exemple des smartphone est particulièrement criant également. Ces produits peuvent être, techniquement, utilisées jusqu’à 7 ans. Leur durée d’utilisation moyenne en France n’est pourtant que de 18 mois. La plupart des constructeurs incitent au renouvellement rapide avec des mises à jour toujours plus gourmandes en capacités, si bien que le produit perd en usage et devient obsolète. Fairphone apparait comme une initiative intéressante à plusieurs titres : outre la modularité du téléphone et donc sa réparation simplifiée, le téléphone est conçu pour durer et apparait bien plus solide que la plupart des téléphones.

> le démontage ou le détournement du produit. Si le produit est démontable ou reconfigurable, d’autres usages peuvent s’avérer intéressants en terme de création de valeurs. Renault est réputé pour son usine de Choisy-le-Roi, spécialisée dans le remanufacturing, c’est-à-dire le démontage et le reconditionnement des pièces. Ce procédé permet de revendre les pièces détachées 30 à 50% moins cher qu’une pièce neuve et permet d’économiser 88% d’eau, 80% d’énergies et encore 86% de produits chimiques. L’entreprise Carwatt permet de changer le moteur thermique de son véhicule par un moteur électrique, sachant que l’impact de la production d’un véhicule neuf est souvent plus élevé que la vie du véhicule elle-même. Un exemple de BathoEn fin de vie, le design circulaire est aussi créateur de valeur(s). Un produit peut également être détourné pour répondre à de nouveaux usages, Bâtho, une jeune entreprise nantaise, récupère les voiliers en fin de vie pour les transformer en hébergement atypique. Cela finance le retraitement en fin de vie du bateau, évite l’abandon et permet une économie de matières à l’échelle du territoire.
> l’absence de déchets tout au long du cycle de vie du produit ou service ou de leurs composants. En effet, le déchet sans solution de valorisation en fin de vie apparait comme une erreur de conception et nécessite un changement de design ou d’anticiper le devenir de ce composant. En effet, l’objectif de la biodégradabilité ou de la régénération des écosystèmes est à prendre en compte. Contrairement à la plupart des produits actuels, il faut éviter l’utilisation de substances nocives que ce soit pour les différents utilisateurs du produit mais aussi pour permettre au produit de revenir aux écosystèmes vivants, tout comme l’ensemble des fruits, feuilles produits par les arbres. L’exemple du t-shirt Freitag est particulièrement intéressant, il est produit exclusivement avec des fibres saines, ce qui permet une décomposition du produit une fois enterré dans le sol en quelques mois sans impacts négatifs. De même, Ecovative qui produit des renforts de packagings, exclusivement à partir du mycélium de champignons, qui seront biodégradables une fois le produit arrivés chez son utilisateur.
> enfin, un processus continu d’améliorations. Les flux de matières, les usages ou les comportements des utilisateurs peuvent changer en fonction de vos modifications, voilà pourquoi il faut les intégrer afin d’améliorer l’expérience mais aussi créer de nouvelles boucles de valeurs continues.
Outre ces dimensions très pratiques, le design circulaire revêt une importance presque existentielle pour de nombreuses entreprises. La pollution des océans à cause du plastique est un exemple particulièrement criant : même HSBC recommande à Coca-Cola de changer complètement de stratégie pour la distribution de ses produits.
Dans cette mutation, il est important pour les marques et entreprises de repartir de leur raison-d’être, afin d’aller plus loin en terme d’impacts positifs et parvenir à concilier prospérité et régénération des écosystèmes. Il est important de rendre cette démarche évidente pour les équipes, les partenaires mais également les utilisateurs et l’écosystème, en donnant à l’entreprise et ses actions du sens.
Le design circulaire, en ramenant en avant le sujet des ressources, permet aussi d’intégrer une dimension stratégique de plus en plus importante dans un monde de plus en plus mouvementé.

 

Finalement, le design circulaire ne serait-il pas la bonne association entre les principes de fonctionnement du vivant et les savoir-faire créatifs du designer, pour permettre de se réintégrer pleinement dans les écosystèmes naturels ?
corail ecosysteme marin image
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Pourquoi Wiithaa adopte des coraux ? 0

Pourquoi un petit oiseau irait mettre son grain de sel dans l’océan ? En effet, depuis que nous avons fondé Wiithaa il y a 6 ans, l’histoire du bowerbird nous a continuellement inspiré. Que ce soit sa créativité qu’il utilise pour charmer, sa vision sur les ressources qui l’entourent ou encore son mode de fonctionnement frugal, cet oiseau australien a agît comme un guide pour nous aider à rendre de plus en plus concrète et à transmettre notre raison d’être :

faire disparaitre la notion de déchet.

transformation dechet ressource imageNous avons beaucoup appris au fur et à mesure de ces années. Notre vision de l’économie circulaire s’est affinée et la notion de « régénération » s’est imposée. Par régénération nous entendons l’intégration positive de l’environnement et des écosystèmes naturels dans la conception des produit et services. Dans une démarche environnementale et de design circulaire, cela consiste à aller plus loin que la simple réduction d’impacts négatifs mais bien à générer et améliorer l’impact positif de l’activité sur l’environnement qui l’entoure. Cela permet ainsi d’assurer par exemple la régénération des sols, la dépollution des eaux, le maintient de la biodiversité et ainsi la pérennité de nos ressources naturelles, et de notre économie.

Aujourd’hui, il est admis que 80% des impacts et coûts d’un produit sont décidés à l’étape de conception, autrement dit, ce n’est pas une fois le tas de déchets en face de nous que la création de valeur(s) est le plus simple. Plus nous anticipons et intégrons en amont l’optimisation et la valorisation des ressources à travers des processus, des modèles économiques et partenariats pertinents, plus il devient simple et possible de créer de la valeur et de développer une économie circulaire et résiliente.

Appliqué ce principe à notre activité d’agence de design circulaire, cela sous-entend que nous faisons en sorte de concevoir ou reconcevoir différemment les produits ou services de nos clients, notamment en considérant les pertes de valeur(s) potentielles dès la conception, c’est à dire en remontant les étapes et en intégrant une vision systémique sur l’approvisionnement, l’utilisation du produit mais aussi, et surtout, la fin de vie de celui-ci et de ses composants.

“80% des impacts et coûts d’un produit sont décidés à l’étape de conception”

Il serait trop simple de s’arrêter là une fois nos prestations réalisées; faire disparaitre la notion de déchet c’est également appliquer ce principe à notre activité elle-même. Même si nous ne sommes pas une activité qui nécessite beaucoup de ressources (disons un peu d’énergie pour travailler et se transporter ainsi que quelques consommables de bureaux) et que nous assurons une circularité des outils que nous développons et matériaux que nous utilisons, nous pouvons aussi avoir des impacts pour régénérer les écosystèmes et améliorer notre relation client. Voilà pourquoi en 2016, nous nous sommes rapprochés de l’ONG Coral Guardian.

transplantation corail imageCréé en 2010, cette association française a développé une expertise et un écosystème humain exceptionnels pour régénérer les coraux. Dit comme ça, les coraux n’ont l’air de rien, mais en réalité, il s’agît de l’équivalent marin des arbres pour nous terriens. Ils sont d’autant plus surprenants qu’ils sont dotés de nombreux super pouvoirs avec des impacts écosystémiques considérables. Que ce soit en terme de biodiversité, les coraux abritent 25% de la biodiversité marine mondiale ou bien en terme sociaux, on estime que l’alimentation quotidienne de 850 millions de personnes sur Terre dépendent des réserves halieutiques liées aux coraux, soit un habitant sur 9. En plus de régénérer ces magnifiques écosystèmes, l’équipe rend autonomes les communautés locales de façon à ce qu’ils puissent vivre avec et grâce aux coraux. Après l’apprentissage technique, les villageois sont sensibilisés à l’entretien quotidien des récifs mais aussi à une gestion et des techniques de pêches plus sobres et appropriées.

L’alimentation quotidienne d’un habitant sur 9 dépend des réserves halieutiques liées aux coraux.

corail ecosysteme imageMalheureusement, les coraux font partie des premières victimes directes du réchauffement climatique, de la montée des océans et l’acidification de ces derniers. L’homme n’a pas été en reste dans la maltraitance de cette précieuse espèce entre la pêche à l’explosif, le tourisme sauvage ou encore la pollution à travers les déchets. Voilà pourquoi depuis notre rencontre avec Coral Guardian, avons adopté plus de 50 coraux en un peu plus d’un an. Chacun de ces coraux porte le nom d’un de nos clients ou partenaires, de quoi les faire voyager un peu à moindres frais et de souhaiter à tous une excellente année 2018. De quoi en adopter probablement d’autres dans les années à venir… 😉

L’adoption de coraux fait partie intégrante de la démarche environnementale de Wiithaa mais également de notre positionnement et relation client. Chacun d’entre eux a son corail en Indonésie, auquel il peut rendre visite s’il le souhaite.

Bonne année 2018 !

Vous aussi vous pouvez adopter un corail et rejoindre les partenaires de Coral Guardian.

modèle écononomique et économie circulaire
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Pourquoi et comment repenser son business model en 2017 ? 2

Présentation complète à découvrir sur SlideShare, et en bas de cet article.

Alors même que les entreprises et administrations publiques commencent à prendre conscience de la nécessité de repenser leurs modes de production, consommation et gestion, les freins restent nombreux et les stratégies peu diversifiées.
Nombreuses sont les organisations à parler d’efforts d’éco-conception ou de recyclage, pour garantir une valorisation de la matière ou des composants en fin de vie. Néanmoins, chez Wiithaa, nous pensons que l’économie circulaire va au delà de ces solutions, qui finalement ne repensent pas le problème à sa source ni n’appréhende la complexité du système, mais visent uniquement le résultat. Une transition efficace ne semble pas se trouver – uniquement – dans ces actions.

Nous sommes convaincus que ce qu’il faut éco-concevoir ce ne sont plus les produits mais bien les modèles économiques.

Portés par une vision à la rencontre du biomimétisme et du design thinking, nous sommes convaincus que ce qu’il faut éco-concevoir ce ne sont plus les produits mais bien les modèles économiques.
L’éco-conception, ce terme doit vous dire quelque chose, et pour cause : il est de plus en plus utilisé aussi bien par les agence de design que les cabinets de conseils en environnement. L’éco-conception est une démarche qui consiste à concevoir un produit en intégrant l’environnement au plus tôt, à l’ensemble des étapes du cycles de vie. L’objectif est souvent d’améliorer sa recyclabilité, sa valorisation ou sa biodégradabilité en fin de vie. Il peut également s’agir d’utiliser des produits ou matériaux bio-sourcés, recyclés ou de seconde-mains en considérant ainsi la fin de vie du produit mais également son sourcing et ses impacts à la fabrication.

L’éco-conception est nécessaire dans une démarche de design circulaire, néanmoins si nous souhaitons aller au bout de la démarche, il faut pouvoir s’assurer que les ressources sont optimisées tout au long de la création de valeur et que les impacts positifs se multiplient à différent niveaux : à l’utilisation mais également à la fabrication, à l’approvisionnement, à la distribution ou à la fin de vie. C’est de cette manière que nous proposons de passer d’une éco-conception du produit, qui se concentre sur les matériaux, les formes ou les fonctions, à une éco-conception du modèle économique qui intègre la manière dont nous allons collaborer avec les parties prenantes, vendre, produire ou utiliser le produit, ou le collecter et le valoriser en fin de vie.

Pour saisir l’intégralité des opportunités de l’économie circulaire, et assurer une résilience des activités, nous devons concevoir des modèles économiques, plus inclusifs, durables et dynamiques.

Remontons quelques années en arrière. En 2008, Alexander Osterwalder publie un ouvrage dans lequel il propose un canvas destiné à travailler la proposition de valeur, les infrastructures, les clients et les finances d’une entreprise ou d’un produit, pour l’aligner avec des flux financiers rentables.
Il conceptualise l’idée de modèle économique pour mettre à disposition du plus grand nombre, sa méthode. Seulement 9 ans plus tard, cet outil a été téléchargé plus de 5 millions de fois et servi à la création et au pivot de nombreuses structures. Et ceci à juste titre car le Business Model Canvas est un outil puissant, qui permet de comprendre, analyser, améliorer, transformer… la proposition de valeur de l’entreprise.
Néanmoins, cet outil est limité, dans ce qu’il reste ancré dans une économie linéaire, proposant de structurer les modèles économiques de manière simplistes, sans aller beaucoup plus loin que les intérêts financiers pour l’entreprise. 
Cet outil répond aux objectifs de rentabilité d’une économie linéaire, où les ressources ne sont pas optimisées à plusieurs niveaux de la chaîne, représentant une perte de valeur aussi bien pour l’entreprise que pour l’ensemble de son écosystème. Face à ce « gâchis », nous comprenons l’opportunité économique proposée par l’économie circulaire, mais également, son intérêt sociale et environnementale.

« Un modèle économique (ou business model) décrit les principes selon lesquels une organisation crée, délivre et capture de la valeur. »

Si nous repartons de la définition du modèle économique de Osterwalder, il est important d’étoffer la notion de « valeur » pour mettre en avant la valeur globale et systémique proposée par l’économie circulaire, en opposition à une valeur seulement économique et individuelle.

Repartons du cas d’entreprise Nouvelle Attitude, une filiale du groupe La Poste.

En 2011, l’entreprise d’insertion agréée spécialisée dans le recyclage de papier se voit rachetée par le groupe français La Poste, pour co-créer le service aux entreprises et collectivités : Recy’go.
L’objectif est double : optimiser les flux retours des camions La Poste, qui repartent à vide, et diversifier leur offre avec un service de collecte et gestion des déchets papiers.

A travers cette offre, La Poste a repensé son modèle pour développer de nouveaux partenariats et proposer une offre holistique, aux retombées économiques, sociales et environnementales positives. En plus de garantir son cœur de métier en enrichissant le métier de postier, elle propose désormais un service complet de gestion des déchets papiers qui lui permet d’assurer la durabilité de sa source première de revenu tout en en créant de nouvelles, grâce à la vente des papiers récupérés aux papetiers. Une fois le papier collecté, il est trié par des salariés en insertion avant d’être délivré aux dits papetiers qui, à leur tour, re-fabriquent le papier pour qu’il soit distribué.
Grâce à ce nouveau service, le Groupe La Poste créé une boucle vertueuse résiliente, qui bénéficie aussi bien à la croissance de la structure qu’à ses partenaires clés et son environnement. La valeur créée est partagée et permet de garantir une optimisation des flux de matières et de produits, dans la fabrication et distribution de papier.
La Poste a repensé l’intégralité de son modèle économique à toutes les étapes du cycle de vie du papier, aussi bien en terme de ressources à capturer que d’activités clés, pour répondre à sa mission de « transmission de l’information ».

Cette solution sous entend la nécessité de repenser nos manières de coopérer, innover et penser.

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré. »

En tant qu’entreprise, association ou collectivité, si nous souhaitons répondre aux problématiques actuelles de notre société et innover dans un monde changeant et incertain, il ne semble plus adapté de voir les produits ou les services comme l’objet causal de ces enjeux, pour les rendre plus légers ou moins énergivore. En effet, c’est la manière dont nous les avons pensés et replacés – ou non – dans le système au sein duquel ils naissent et évoluent, qui met en péril l’avenir de notre économie et de notre planète.
 Pour passer d’une économie forte consommatrice de ressources, où les organisations fonctionnent verticalement avec une pensée court-termiste et non inclusive, à une économie qui soit porteuse de nouvelles opportunités économiques, sociales et environnementales, il est nécessaire de repenser le modèle économique. En réfléchissant, ensemble, à la bonne manière de capturer la valeur et de la distribuer, en prenant en compte les externalités créées à tout point de vue, nous parvenons à construire une proposition de valeur qui soit positive et qui ouvre un champ de nouvelles opportunités, économiques, sociales et environnementales, à chaque étape de sa construction.

Conférence sur l’économie et les business models dans le cadre du DIF par la Fondation Ellen MacArthur.

Chez Wiithaa, nous avons créé une méthodologie pour vous permettre de passer à l’action : Le Circulab.
 Grâce à des outils ludiques et collaboratifs, le Circulab vous permet de contextualiser l’écosystème de votre organisation pour proposer des solutions résilientes, et par définition pérennes. Notre approche, est celle de la coopération plutôt que de la compétition. Les outils proposés vous invitent à briser les silos et ouvrir le dialogue en coopérant au sein de votre structure, mais également avec vos partenaires clés. Et ceci car l’économie circulaire suppose une implication et une motivation de la part de l’ensemble des parties prenantes, pour plus de performance.
Vous pouvez ainsi, créer, capturer et délivrer une valeur qui soit globale et partagée.

Pour une économie circulaire, il faut repenser le business model en impliquant les parties prenantes clés, autrement dit en développement des partenariats, et en intégrant le changement, autrement dit en innovant.

Le Circulab, une approche qui est aujourd’hui proposée par plus de 50 consultants indépendants répartis dans 17 pays dans le monde, vous permet de concevoir ces modèles économiques qui régénèrent l’économie et les écosystèmes en intégrant véritablement la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE). En repensant votre business model grâce à ces outils dynamiques, collaboratifs et stratégiques, vous pouvez enfin faire le choix de passer d’une économie linéaire à une économie circulaire.


Business model et économie circulaire from Wiithaa, design + circular economy
 

Pour aller plus loin, vous pouvez d’ores et déjà télécharger les outils ou demander une demo.

Vous pouvez également suivre les formations économie circulaire et business model proposée par Wiithaa en collaboration avec certains de nos partenaires (ENSCI, Circulab network).

formation economie circulaire wiithaa
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Nouvelle formation économie circulaire par Wiithaa 0

En tant qu’agence de design circulaire, Wiithaa se doit d’intervenir sur l’ensemble du processus de transformation. En effet, portés par les méthodologies de design thinking, nous portons un intérêt et un sens tout particulier aux étapes clefs dans la conception d’un produit, service ou business dans on intégralité, autrement dit : observation, idéation et implémentation.

Appliqué à l’économie circulaire et aux services que nous proposons, cela se traduit donc par :

1. Aider les entreprises et territoires à observer et s’inspirer de la nature et comprendre les principes et fondamentaux de la circularité et de l’économie en boucle, grâce à des cycles de formations et des sessions d’ateliers de sensibilisation.

2. Aider les entreprises et territoires à générer des idées de solutions qui intègrent aussi bien la viabilité économique qu’environnementale et les conseiller sur les meilleures alternatives et actions, à travers des études d’opportunités, benchmarking ou des ateliers de brainstorming.

3. Accompagner les entreprises et territoires dans la mise en place de ces solutions, en proposant des sessions de prototypage et test utilisateur mais également le suivi de projet et la communication des impacts.

Pour répondre au premier objectif, Wiithaa propose donc des cycles de formations divers. L’un deux consiste à comprendre les fondamentaux de l’économie circulaire mais également le principe de modèle économique et la nécessité d’intégrer son business model dans la transformation, pour donner du sens mais surtout garantir les impacts positifs.

Wiithaa a créé une nouvelle formation :

L’économie circulaire comme levier d’opportunités.

L’objectif ? Permettre aux organisations d’aujourd’hui de générer de nouvelles sources de revenus et d’innovations pour être les acteurs durables de demain.

Pendant une journée complète, les participants seront amenés à identifier les enjeux de l’économie circulaire et à comprendre ses composantes et applications avant d’appliquer leurs acquis aux business models, en apprenant à utiliser le Circulab board, un outil ludique et créatif dans la création de solutions circulaires.

Justine Laurent et Brieuc Saffré associés de Wiithaa et spécialistes de l’économie circulaire aux expertises complémentaires (design thinking, business model design, marketing, biomimétisme) aborderont, entre autres, les notions d’éco-conception, d’économie de la fonctionnalité, de remanufacturing, ou d’écologie industrielle à travers des supports détaillés et complets.

Dans une deuxième partie, les participants pourront synthétiser ces informations grâce au Circulab board et ainsi identifier les flux et parties prenantes de leur activité afin d’y intégrer ce nouveau paradigme.

Cette formation est ouverte aux dirigeants d’entreprises, managers, ingénieurs, architectes, designers, consultants et toute autre personne souhaitant comprendre l’économie circulaire et les opportunités associées pour faire évoluer son business model.

Pour les dirigeants ou porteurs de projets, cette formation pourra déboucher sur un suivi et un accompagnement au développement de votre projet d’économie circulaire.

TEDx EM Lyon
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Jouer pour activer l’économie circulaire 0

Le 18 novembre dernier, j’étais invité par deux associations étudiantes de l’EM Lyon pour participer à la 3ème édition de leur TEDx en tant que speaker. Le thème choisi découlait d’une citation d’Albert Einstein “Creativity is intelligence having fun”. Cela m’a permis de présenter brièvement l’intérêt du jeu pour, à la fois, comprendre l’économie circulaire mais aussi prendre conscience de la portée de ses décisions et de leurs impacts dans un monde complexe.

Le nom de mon intervention était “Jouer et coopérer pour répondre à la complexité de notre monde.”

Je ne vous présente plus l’histoire du Wiithaa, l’oiseau australien donc notre agence s’inspire, mais insiste cette fois-ci d’avantage sur la nécessité de la créativité pour faire disparaitre la notion même de déchets et ainsi considérer tout ce qui nous entoure comme des ressources.

C’est le défi que nous nous sommes lancé en créant Wiithaa : permettre aux entreprises de passer d’une économie linéaire à une économie circulaire en considérant la fin de vie des produits comme des sources de nouveaux produits et nouvelles expériences. Comme vous l’aurez compris, la créativité me parait un levier clef et le jeu est un bon moyen pour la stimuler.

1+1=3

Passer par la dynamique de jeu nous permet aussi d’assurer la coopération et l’intelligence des cerveaux et ainsi de multiplier la création de valeur(s). Le jeu permet le dialogue, l’atteinte d’un objectif commun et garanti ainsi que nous allons mobiliser toutes les compétences et connaissances des joueurs (acteurs) présents pour gagner. Dans le monde de l’entreprise, cela permet de développer des business mais surtout des partenariats beaucoup plus pertinents et efficaces.

On fait tout pour gagner

L’intérêt du jeu réside également dans le fait que pour gagner, nous allons cherche tous les artefacts et solutions possibles. Cela nous force à aller chercher de nouvelles idées, à les tester, pour voir si ça nous permet d’avancer. Ce point est la meilleure façon d’innover en entreprise et de faire bouger les choses dans une entreprises ou une organisations.

On prend conscience de la portée de nos choix

Lorsqu’on joue, chaque choix que nous allons prendre, en équipe, va avoir des répercussions sur le reste de l’aventure, et cela nous en avons conscience et l’anticipons. Rapporter à l’innovation en entreprise, faire jouer les équipes, plutôt que de les faire travailler sur tel ou tel projet, permet donc de s’assurer qu’ils intégreront tous les paramètres dans leur solution y compris ses répercussions sur l’environnement, afin d’aller plus loin.

Porté par une vision créative de la transformation et de l’action, je me force d’appliquer cette démarche aux projets que je porte chez Wiithaa. Chacun de nos services de conseils, de formation ou de conception dédiés à l’économie circulaire emprunte ses principes, codes ou règles à ceux des jeux ou de la coopération.

Vous aussi vous pouvez jouer pour porter une innovation plus vertueuse et optimale avec le Circulab, une création Wiithaa.

Je tiens à remercier chaleureusement les étudiants pour la qualité de l’organisation de l’évènement mais aussi les autres intervenants avec qui cela a été un véritable plaisir d’échanger.

Auteur : Brieuc Saffré

Table d'Upcyclopoly
Design Circulaire

Le Circulab Game pour saisir les opportunités de l’économie circulaire 0

Le 15 janvier dernier à ICI Montreuil, nous avons organisé une Circulab Party avec une vingtaine d’invités. Mais qu’est-ce donc ce Circulab Game ?

Il s’agît d’un business game pour permettre de repenser le business model des entreprises pour saisir les opportunités de l’économie circulaire. Contrairement au Monopoly, l’idée est de faciliter la collaboration aussi bien dans l’entreprise en décloisonnant les départements, mais également, de créer des synergies avec de nouveaux partenaires. En passant par le jeu, on permet aux participants de comprendre facilement les dynamiques de l’économie circulaire mais aussi d’être plus créatif.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à visiter le site duCirculab, télécharger le plan de jeu (Creative commons) où bien nous envoyer un message.

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