Et si la consigne était la solution pour inscrire les emballages dans une économie circulaire ?

La consigne, késako ?

La bouteille de lait déposée au pas de la porte par le laitier, récupérée une fois vide… ça vous rappelle quelque chose ? Une pratique d’un « ancien temps » ?bouteille-verre-consignée-économie-circulaireEn France, jusqu’au début des années 80, chaque boisson vendue dans une bouteille en verre pouvait être rendue vide au magasin en échange de quelques centimes. Une bouteille pouvait ainsi être utilisée jusqu’à 50 fois ! Un système ingénieux qui permettait au contenant d’être lavé puis remis dans le circuit pour être revendu plein en points de vente. Mais ça, c’était avant. L’émergence du plastique et la démocratisation du système linéaire ont conduit à une multiplication des emballages, principalement en plastique, à usage unique entrainant progressivement la quasi-disparition de la consigne en France.

Pourquoi préférer la réutilisation au recyclage ?

En 2017, Les Européens produisaient environ 25 millions de tonnes de déchets plastiques par an, la grande majorité ayant été produite pour servir la fonction de contenant, d’emballage ou encore de sur-emballage. Du côté du verre, matériau plus solide et théoriquement utilisable plusieurs fois… on apprend qu’en France, 2,3 millions de tonnes de déchets en verre sont produits par an, soit 49,6% du poids total des déchets ménagers en France. Cela prête à la réflexion.

Bien qu’aujourd’hui en France une grande partie des emballages soit recyclée et utilisée : le taux de recyclage des emballages plastique s’élève à 22,2% et le taux d’utilisation du verre recyclé est de 58%, – ces chiffres qui semblent positifs, sont à nuancer.
En effet, bien que très “à la mode” et socialement accepté, le recyclage n’est pas la solution la plus vertueuse tant sur l’aspect environnemental qu’économique, si on la compare à d’autres solutions de valorisation. En effet, réutiliser les contenants en verre permet d’éviter l’utilisation de nouvelles ressources (eau, sable..) et réduit de 75% la consommation d’énergie primaire par rapport au recyclage. Enfin, en supprimant la notion de déchet, la réutilisation permet d’éviter la pollution liée aux déchets en verre et résidus plastiques présents dans la nature qui ont impact négatif considérable sur la biodiversité.

Pourriez-vous me citer un moyen qui permet la réutilisation de contenants à petite et grande échelle  ?

Et oui, la consigne évidemment ! Au-delà de son impact moindre sur l’environnement, la réutilisation par la consigne apporte de nombreux intérêts économiques. Pour le consommateur tout d’abord, acheter un produit dans un emballage consigné revient à ne payer que l’essentiel. Les organismes publics y trouvent également leur compte car tant qu’il est réutilisé, le verre est extrait des filières de gestion des déchets, il n’y a donc plus de coût pour la collectivité qui peut ainsi baisser le montant de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Enfin, l’intégration de centres de collecte et de stations de lavage dans la chaîne logistique de valorisation est un facteur de création d’emplois locaux.

Les défis environnementaux, économiques et sociaux nous amènent à nous tourner vers de nouveaux modèles ou à remettre d’actualité des anciennes pratiques, plus vertueuses.
Finalement, un retour aux bonnes habitudes ne serait-il pas souhaitable ?

Consigner ses emballages, oú en est-on ?

En Allemagne, le système de consigne n’a jamais cessé d’exister (quelques exemples ici). Toujours en quête de faire mieux que son voisin, la France s’y remet. Petit à petit les initiatives fleurissent. La consigne peut aujourd’hui se retrouver sous plusieurs formes et dans différents secteurs. En effet, il s’agit d’aller plus loin que les bouteilles en verre du laitier. La consigne peut concerner la distribution de tout autres liquides, de produits solides et finalement, de tous produits avec des contenants : les Eco-cup que l’on retrouve dans tout festival qui se respecte, les soins cosmétiques de CoZie, en encore le système Loop dans la grande distribution…

Vous avez certainement vu des « épiceries vrac » se créer autour de chez vous ? Figurez-vous que la tendance du vrac va de pair avec la consigne, elle permet tout bonnement d’accéder aux produits en vrac sans produire aucun déchet. L’entreprise lilloise Jean Bouteille en est le parfait exemple : Jean Bouteille associe la vente en vrac de liquides à la bouteille réutilisable et consignée pour permettre aux consommateurs d’acheter des produits liquides alimentaires ou non, sans générer de déchets. L’entreprise a récemment annoncé la sortie de sa station de bière pression en vrac !Et ça ne s’arrête pas là ! La jeune entreprise GreenGo souhaite remettre au goût du jour la consigne pour les plats à emporter, un produit de plus en plus acheté par les Français chaque année. Comment ça se passe ? Le client va acheter son plat au service traiteur – de Biocoop par exemple -, le consomme, et récupère un avoir valable dans le magasin, s’il rapporte son contenant vide après utilisation.

Vers qui se tourner pour lancer un projet de consigne ?logo réseau consigne

Ce ne sont que deux exemples parmi de nombreuses initiatives qui voient le jour en France ces dernières années. Comme toute démarche ayant le vent en poupe, un réseau d’acteurs s’est formé autour de la consigne. En effet, les porteurs de projets peuvent compter sur le soutien du Réseau Consigne ; né en 2012, il s’inspire et soutient les initiatives locales qui lancent des projets de consigne. Entreprises, associations et collectivités se rassemblent au sein du réseau et se mobilisent pour développer la consigne partout en France.

Zero Waste France, l’un des partenaires fondateurs du Réseau Consigne, est une association citoyenne et indépendante qui sensibilise, communique et propose des solutions pour lutter contrôle le gaspillage et la sur-production de déchets. Zéro Waste France participe avec l’Ademe et de nombreux autres acteurs à une expérimentation « retour à la consigne » pour tester la faisabilité et l’intérêt d’un retour de la consigne pour les particuliers.

 

picto-consigneLe pictogramme reconnu par le Réseau Consigne identifie les bouteilles et emballages consignés en France, si vous le voyez sur un contenant, surtout ne le jetez pas, une longue vie l’attend… le déchet est une ressource !

En plus de ces réseaux, si souhaitez vous lancer dans un projet de consigne ou intégrer la consigne au fonctionnement de votre structure, Wiithaa vous accompagne pour repenser votre modèle économique et/ou votre contenant, ainsi que toute l’expérience utilisateur qui est liée au parcours d’achat. N’hésitez pas à nous contacter !

 

Retour sur notre dernier évènement dédié à la consigne.

Comme vous le savez, nous organisons les « Rencontres de l’économie circulaire » une fois par trimestre pour aborder dans un cadre informel l’économie circulaire à travers différents thèmes. Parmi ceux déjà traités : le textile ou encore les biodéchets. Devant l’importance que prend le sujet de la consigne en France, et les nombreuses opportunités qui y sont liées, nous avons eu envie de faire avancer les choses en organisant un MeetUp sur ce thème. Ca s’est passé le 13 mars, à la Maison du Zéro Déchet à Paris.

Durant la rencontre, le retour d’expérience de Mathilde De Bortoli, représentant  Jean Bouteille devant la vingtaine de participants, a mis en lumière l’importance de la responsabilité du consommateur pour le bon fonctionnement d’un système de consigne. Puis, Lucas Graffan, fondateur de GreenGo, a lui insisté sur le fait qu’il est important de bien penser les caractéristiques du contenant car elles sont déterminantes pour éviter des frais de logistique trop élevés. La mutualisation des ressources et la co-création entre les parties prenantes sont deux autres aspects qui ont été pointés comme primordiaux dans l’équation.

Suite à un atelier de créativité quelques bonnes idées sont ressorties, comme par exemple se greffer aux flux logistiques existants des Relais-Colis ou de la Poste pour mutualiser les trajets et éviter ainsi les retours à vide des camions. Ou encore imaginer un système de récompense en magasin pour inciter le consommateur à la réutilisation autonome.

Des interventions intéressantes, de belles idées idées et du cidre… que demander de plus ?

On se voit au prochain MeetUp ?

La synthèse du MeetUp #3 sur le thème de la consigne est à retrouver ici
Vous souhaitez participer au prochain MeetUp ? Rejoignez-nous !


Vous souhaitez repenser la distribution de vos produits ou concevoir une nouvelle offre autour de la consigne ? Contactez-nous.

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